Les réflexes archaïques : historique et quelques recherches scientifiques

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Auteur : Paul Landon

Paul est la personne qui a introduit en France les approches sur les réflexes primitifs, il est aussi le créateur de l'IMP.

Cette première section est issue du livre Prêt à apprendre avec les réflexes de Sally Goddard-Blythe – Ressources Primordiales, 2020 et complété par moi. Les mises en gras ou les commentaires entre crochets [sont de Paul Landon]. Les références (notes) sont en bas de page.

« Préhistoire » du travail sur les réflexes primitifs

L’idée qu’un dysfonctionnement neurologique peut être à l’origine de problèmes d’apprentissage n’est pas nouvelle, tout comme celle qui avance que l’on peut améliorer l’apprentissage par l’utilisation de moyens destinés à améliorer les dysfonctions neurologiques.

Les troubles du développement découverts au XIXᵉ siècle se classent en deux formes de retards : retard cognitif dans le cas d’un retard mental et retard moteur dans le cas d’une paralysie cérébrale. Mais des symptômes moins graves impliquant un écart entre l’intelligence et des domaines plus spécialisés du langage, de l’apprentissage, de la communication et des interactions sociales, dont l’autisme précoce, n’ont été identifiés spécifiquement que pendant le XXᵉ siècle.

Dans les années 1920, les Français ont été parmi les premiers à constater un lien entre « gêne motrice » et troubles d’apprentissage(22), qu’ils qualifiaient parfois de « syndromes psychomoteurs ». En 1940, R. S. Paine décrit la présence de plusieurs signes moteurs isolés, tels que des gênes, tremblements, hyper-réflexie ou troubles légers de la marche, chez des enfants présentant des difficultés d’apprentissage spécifiques. Il a également démontré que des problèmes de perception de l’information auditive ou visuelle, des problèmes spatiaux ou encore la diminution de la capacité d’attention, des problèmes de pensée abstraite et des retards dans la réussite scolaire, étaient des caractéristiques présentes chez les enfants ayant des troubles d’apprentissage. De légers symptômes d’épilepsie ont également été observés(23).

Dans d’autres pays, le terme de dysfonctionnement cérébral minime (DCM) a commencé à être utilisé. En 1966, Samuel Clements a formellement défini le DCM par la présence de certains troubles d’apprentissage ou de comportement légers à graves caractérisant un certain dysfonctionnement du SNC qui pouvaient impliquer des troubles de la perception visuelle ou auditive, de la conceptualisation, du langage, de la mémoire, des difficultés d’attention, de l’impulsivité et un dysfonctionnement moteur(24), et ce, associé à une intelligence évaluée comme moyenne ou supérieure à la moyenne. Mais avec plus de 99 symptômes possibles énumérés comme critères de diagnostic du DCM, on considérait dès les années 1970 que le terme de DCM était déjà trop flou.

La persistance des réflexes archaïques comme l’un des signes de la paralysie cérébrale est reconnue depuis longtemps. Dans ce cas de figure, la rétention des réflexes se produit à la suite d’une lésion du cerveau ou d’un développement anormal, qui peut s’être produit avant ou après la naissance (Bobath et Bobath(25, 26), Illingworth(27), Capute et Accardo(28), Fiorentino(29), Levitt(30), Brunnstrom(31)). Les lésions cérébrales interfèrent avec le processus normal de maturation et affectent le développement de manière prévisible et séquentielle, ce qui entraîne un manque d’inhibition visible via la présence prolongée de modèles indifférenciés du contrôle des mouvements caractéristiques de la petite enfance, accompagnés d’un tonus musculaire anormal, de troubles du contrôle postural, de troubles moteurs et d’un retard de développement. Durant de nombreuses années, on a supposé que la persistance des réflexes archaïques ne pouvait exister en l’absence de pathologie identifiée et, par conséquent, les réflexes primitifs n’ont pas fait l’objet d’études chez les enfants présentant des retards moteurs moins graves ou des signes de difficultés d’apprentissage.

[C’est à partir de là que l’on voit émerger les « méthodes » d’intégration des réflexes (dont fait partie l’IMP)]

Émergence des méthodes sur les réflexes archaïques

Des recherches sur la présence de réflexes anormaux ou immatures chez des individus présentant des difficultés d’apprentissage spécifiques ont émergé de diverses écoles de pensée dans les années 1970.

En 1970, D. Gustafsson une ergothérapeute de l’Université du Kansas, aux États-Unis, a mené une étude dans laquelle elle a comparé les niveaux d’expression des réflexes d’un groupe d’enfants atteints de troubles neurologiques avec ceux d’un groupe d’enfants sans troubles neurologiques connus. Tous les membres du groupe chez qui on a diagnostiqué une déficience neurologique avaient des réflexes anormaux. Huit des dix-neuf sujets du groupe « normal » ou du groupe témoin présentaient également certaines anomalies dans l’expression des réflexes et on a constaté par la suite que l’un d’eux avait des problèmes de comportement et que les autres avaient des problèmes de lecture ou d’écriture(32).

La même année, à l’Université du Kansas, Barbara Rider, une autre ergothérapeute, a entrepris d’évaluer la prévalence des réponses réflexes anormales chez des enfants ordinaires de CE1, comparant leurs résultats avec ceux d’un groupe d’enfants ayant des troubles de l’apprentissage. Elle a constaté que les enfants rencontrant des troubles de l’apprentissage obtenaient des réponses dans l’expression des réflexes sensiblement plus anormales que les enfants ordinaires. Utilisant les résultats du WRAT (Wide Range Achievement Test, un test d’évaluation des compétences scolaires telles que lecture, orthographe, compréhension écrite et mathématiques) comme mesure indépendante, elle a comparé les résultats du WRAT en fonction de l’existence ou non de réponses réflexes anormales. Les enfants avec des réflexes intégrés ont obtenu de façon statistiquement constante de meilleurs résultats aux tests que ceux ayant des réflexes persistants(33).

En 1976, à l’université Purdue, aux États-Unis, Miriam Bender [kinésithérapeute dont les travaux sont relatés dans le livre Le réflexe pour la concentration et l’apprentissage] a examiné l’effet d’un seul réflexe, le réflexe tonique symétrique du cou (RTSC), sur la scolarité. Elle a constaté que le RTSC était présent chez 75 % d’un groupe d’enfants ayant des troubles de l’apprentissage alors qu’il n’était pas présent chez les enfants du groupe témoin qui ne présentait pas de difficultés scolaires. Elle a également mis au point une série d’exercices conçus pour aider à inhiber le RTSC et a observé que de nombreux enfants présentant ces symptômes s’amélioraient avec la pratique(34).

En 1978, Ayres [autre ergothérapeute américaine], la fondatrice de l’Intégration sensorielle, a observé que l’un des principaux symptômes manifestés par les enfants dans les troubles d’intégration posturale et bilatérale étaient « des réflexes posturaux primitifs peu développés, des réactions d’équilibre immatures, un mauvais contrôle oculaire et des déficits dans une variété de paramètres liés au fait que l’humain est un être bilatéral et symétrique(35) ». L’un des objectifs de l’Intégration sensorielle était de « ne pas enseigner des compétences spécifiques telles que l’appariement de stimuli visuels, la mémorisation d’une séquence de sons, la différenciation d’un son par rapport à un autre, l’établissement de lignes d’un point à un autre ou même les connaissances de base. L’objectif est plutôt d’améliorer la capacité du cerveau à apprendre comment faire ces choses(35) ». L’objectif était de résoudre le dysfonctionnement neurologique qui parasitait l’apprentissage plutôt que de s’attaquer aux symptômes de ce dysfonctionnement.

En 1982, le rapport de la clinique Dala présente une étude portant sur 15 enfants suédois qui n’avaient pas réagi à une intervention corrective standard et à qui l’on a fait faire des exercices d’inhibition des réflexes. Sur les 10 élèves qui ont suivi le programme, aucun n’a plus été classé comme souffrant de troubles spécifiques de l’apprentissage. En outre, les enfants qui ne savaient pas nager auparavant ont appris à nager et les enfants qui souffraient régulièrement de graves maux de tête ont cessé d’en souffrir (in Goddard, Le Grand livre des réflexes).

En 1988, Faulkner a divisé un groupe d’enfants ayant des difficultés de lecture en 3 groupes :

  • Les enfants ayant reçu une aide corrective conventionnelle pendant 5 jours sur une période de 3 mois ont amélioré leur niveau de lecture de 5 mois.
  • Les enfants n’ayant reçu aucune aide corrective, mais ayant entrepris un programme d’inhibition des réflexes durant 3 mois ont amélioré leur niveau de lecture de 9 mois.
  • Les enfants n’ayant bénéficié d’aucune intervention ont amélioré leur niveau de lecture de 3 mois et 2 semaines. (La durée du programme était de 3 mois.)

Faulkner, P., The Detection of Neuro-physiological factors in Children With Reading Problems, article présenté à la 2ᵉ conférence internationale sur le retard de développement neurologique, Chester, RoyaumeUni, 1988.

En 1994, Wilkinson a réalisé une réplique de l’étude de Rider de 1970. Elle a trouvé non seulement un lien entre les réflexes archaïques résiduels et des difficultés d’apprentissage spécifiques, mais elle a également identifié un lien entre les réflexes archaïques résiduels et de mauvaises performances scolaires. Ses conclusions indiquent qu’un réflexe – le réflexe tonique labyrinthique (RTL) – est à la base d’un grand nombre des difficultés scolaires et qu’il existe un lien entre la persistance du réflexe de Moro et certains problèmes spécifiques en mathématiques(36).

Goddard Blythe et Hyland, en 1997, ont étudié les différences dans le développement précoce de 72 enfants chez qui on avait diagnostiqué des difficultés d’apprentissage particulières, comparativement à des enfants chez qui on n’avait trouvé aucune preuve de difficultés d’apprentissage particulières(37-39). Ils ont constaté des différences significatives entre ces deux groupes, les enfants du premier groupe ayant une occurrence beaucoup plus élevée de troubles du développement moteur et linguistique durant la période périnatale ainsi que certains dysfonctionnements du système immunitaire. Les retards dans l’apprentissage de la marche et de la parole étaient également plus importants dans ce groupe(40).

D’autres études qui ont observé la persistance de réflexes anormaux chez des enfants présentant des difficultés spécifiques de lecture ont ré­vélé : la présence du réflexe tonique asymétrique du cou (RTAC) chez les enfants présentant des difficultés de lecture(6, 8, 41) ; un ensemble de réflexes archaïques et posturaux déséquilibré dans un échantillon d’enfants atteints de dyslexie(7) et chez les enfants souffrant de troubles déficit de l’attention (TDA)(42).

En 1998, O’Dell et Cook ont constaté que les enfants qui pratiquaient des exercices d’intégration du réflexe tonique symétrique du cou (RTSC) montraient une amélioration dans 11 domaines, notamment l’attention, la lecture, le comportement, l’apprentissage, et qu’ils présentaient moins d’hyperactivité et d’anxiété (in Le Réflexe pour la concentration et l’apprentissage).

En 2000, dans une étude portant sur 60 enfants ayant des difficultés de lecture et des réflexes néonatals persistants, les enfants ont été séparés en 3 groupes de 20 : les enfants qui ont suivi un programme d’intégration des réflexes, les enfants qui ont suivi des mouvements non spécifiques et le groupe de contrôle qui n’a pas effectué de mouvements. M. McPhillips, P.G. Hepper et G. Mulhern ont constaté que le groupe ayant suivi le programme d’inhibition des réflexes réduisait de manière significative la présence du RTAC (réflexe tonique asymétrique du cou), tandis que les deux autres groupes ne présentaient pas de réduction significative du RTAC. (McPhillips BSc., P.G.Hepper, PhD., G. Mulhern, PhD., Effects of Replicating Primary-Reflex Movements on Specific Reading Difficulties in Children: A Randomized, Double-Blind, Controlled Trial, The Lancet, Vol. 355: 9203, 12 Feb. 2000, p. 537-541.)

En 2001, BeinWierzbinski a mené une étude sur 52 enfants du primaire en Allemagne. La moitié des enfants qui présentaient des réflexes persistants ont bénéficié d’un programme de stimulation/inhibition des réflexes, tandis que l’autre moitié n’en a pas bénéficié. Elle a constaté une amélioration du fonctionnement oculomoteur et des capacités de lecture lorsque les réflexes persistants étaient intégrés. Les défauts oculomoteurs persistaient dans le groupe de contrôle. (Bier-Wierzbinski, Persistent primitive reflexes in elementary school children. Effect on oculomotor and visual perception. Article présenté à la 13ᵉ conférence européenne sur les retards de développement neurologique chez les enfants souffrant de troubles spécifiques de l’apprentissage, Chester, Royaume-Uni, 2001.)

Toujours en 2001, Sally Goddard a évalué 54 enfants dyslexiques pour vérifier la présence de réflexes primitifs et posturaux atypiques. Elle a constaté que 100 % de l’échantillon présentait un réflexe tonique asymétrique du cou (RTAC) et un réflexe tonique labyrinthique (RTL) ; 81 % avaient un Moro résiduel, 72 % un réflexe tonique symétrique du cou (RTSC), 65 % un réflexe spinal de Galant et 55 % un réflexe palmaire. (in Goddard, Le Grand livre des réflexes).

En 2004, Taylor, Houghton et Chapman, dans une étude portant sur 109 garçons âgés de 7 à 10 ans, ont constaté que les garçons souffrant de TDAH présentaient des niveaux significativement plus élevés de réflexes résiduels (Moro, RTAC, RTL et RTSC) et une corrélation à la fois directe et indirecte avec les résultats en mathématiques. (Myra Tayler, Stephen Houghton and Elaine Chapman, Primitive Reflexes and Attention Deficit/Hyperactivity Disorder: Developmental Origens of Classroom Dysfunction, The International Journal of Special Education, vol. 19, nº 1, 2004.)

La recherche sur l’incidence des réflexes archaïques anormaux chez un échantillon de 672 enfants dans sept écoles ordinaires d’Irlande du Nord entre 2003 et 2004 a révélé que 48 % des enfants âgés de 5-6 ans (P2) et 35 % des enfants âgés de 8-9 ans (P5) avaient encore des résidus de réflexes archaïques ; 15 % (49) des enfants de 8-9 ans (P5) avaient un âge en lecture inférieur à leur âge biologique. De ce nombre, 28 présentaient également de nombreux réflexes non intégrés. Des niveaux élevés de réflexes conservés étaient corrélés à un faible niveau d’instruction. Dans le groupe plus jeune (P2), on a constaté que les réflexes non inhibés étaient corrélés à un mauvais développement cognitif, à un piètre équilibre et à une capacité de concentration et de coordination défaillante. L’évaluation neurologique et celle des enseignants du départ ont pu prédire les résultats obtenus en lecture et à l’écrit à la fin de l’étude(3).

En 2005, JulieAnne Black a suivi les progrès de 683 enfants (de 3 à 5 ans) et a constaté qu’un RTAC résiduel était associé de manière significative aux niveaux de réussite en lecture, en orthographe et en mathématiques. Les garçons se sont révélés plus exposés au risque de persistance du RTAC. En outre, la réduction de la persistance du RTAC a produit une amélioration considérable en lecture et en mathématiques. (Julie-Anne Jordan-Black, The Effects of the Primary Movement Programme on the Academic Performance of Children Attending Ordinary Primary School, Journal of Research in Special Educational Needs, 5(3):101-111, 2005.)

En 2005 encore, Timothy Wahlberg et Dennis Ireland ont évalué 22 élèves, âgés de 7 à 11 ans, souffrant de troubles de la lecture et de l’apprentissage, sur le plan des oculomotricités, des réflexes toniques, de l’équilibre, de la motricité fine et des maux de tête. Les élèves ont suivi un programme d’inhibition des réflexes. Ils ont constaté que les écoliers présentaient une nette diminution de la présence de réflexes primitifs, une amélioration de l’équilibre et des oculomotricités, une diminution des maux de tête et une amélioration de la fluidité de la lecture.(Timothy Wahlberg, PhD, Dennis Ireland, OD, Med, Can Replicating Primary Reflex Movements Improve Reading Ability? Optometry and Vision Development, vol. 36, nº 2, 2005, p. 89-91.)

En 2007, dans une étude portant sur 739 enfants âgés de 7 à 9 ans et fréquentant une école ordinaire, M. McPhillips et J.A. Jordan-Black ont constaté ce qui suit :

  • La présence d’un réflexe tonique asymétrique persistant au niveau du cou (RTAC) permet de prédire de manière significative les résultats en lecture, en orthographe, en lecture de non-mots et en QI verbal.
  • Les garçons ont des niveaux de réflexes persistants significativement plus élevés que les filles.
  • Les enfants issus de milieux socialement défavorisés présentent des niveaux plus élevés de réflexes persistants que les enfants issus de milieux non défavorisés.

(McPhillips, J-A Jordan-Black, Primary Reflex Persistence in Children With Reading Difficulties (Dyslexia): A Cross-Sectional Study, Neuropsychologia, 45:748-754, 2007.)

En 2008, Gonzalez, Ciu, Hernandez et Escalante ont réalisé une étude sur 60 élèves de cinquième année de l’enseignement général. Les résultats suggèrent que certains réflexes primitifs résiduels sont corrélés à une réduction de la précision des saccades occulaires et à une altération des capacités de lecture, en particulier le RTL (réflexe tonique labyrinthique) et le RTSC (réflexe tonique symétrique du cou). (Sergio Ramirez Gonzalez, MS, Kenneth J. Ciu reda, OD, PhD, FAAO, FCOVD-A, Luis Castillo Hernandez, PhD, Jaime Bernal Escalante, MS, The Correlation Between Primitive Reflexes and Saccadic Eye Movements in 5th Grade Children with Teacher-Reported Reading Problems, Optometry and Vision Development, vol. 39, No. 3, p.140-145, 2008.)

En 2010, C.G. Brown a constaté que l’utilisation d’un programme d’intégration des réflexes (« Mouvement primaire ») avec 65 enfants âgés de 4 à 5 ans améliorait leur motricité fine.(G.Brown, Improving Fine Motor Skills in Young Children: An Intervention Study, Educational Psychology in Practice, 26 (3): 269-278, 2010)

En 2013, Konicarova, Bob et Raboch, dans une étude portant sur 35 filles (811 ans) affectées par le TDAH, ont trouvé un lien étroit avec des réflexes spécifiques persistants (RTAC et RTSC). Ils supposent que les réflexes interfèrent avec les fonctions cérébrales supérieures en raison d’une intégration cognitive et motrice insuffisamment développée. (Jane Konicarova, Petr Bob, Jiri Raboch, Persistent Primitive Reflexes in Medication-Naïve Girls With Attention Deficit and Hyperactivity Disorder, Neuropsychiatr Dis Treat g: 1457-1461, 2013.)

Des résultats empiriques indiquent également un lien chez les enfants entre le manque de maturité neuromotrice, défini par la présence des réflexes archaïques et certains problèmes de comportement(44).

Voici donc un historique partiel menant à une meilleure compréhension des réflexes primitifs et à leurs rôles ainsi que ce qui va susciter la création « d’approches réflexes ». Nous avons ainsi plusieurs acteurs (actrices surtout) des recherches concernant les réflexes. Cependant, tous (toutes) n’ont pas créé une méthode d’intégration des réflexes. La plupart de ces personnes ont simplement ajouté la nouvelle compréhension des réflexes à leur approche généraliste d’ergothérapie, de kinésithérapie, de psychologie, d’optométrie…

Dans les approches dédiées aux réflexes, nous avons dans les années 1990 :

  • L’approche de Mme Bender qui se centre sur un seul réflexe, le RTSC, et qui utilise principalement pour l’inhiber des mouvements de quatre pattes avec de multiples variantes.
  • L’approche Blythe/Goddard (dite INPP : Institut for Neuro-Psysiological Psychology) qui utilise une quinzaine de réflexes (réflexes archaïques et réflexes posturaux) et qui utilise des mouvements pratiqués en autonomie pour les inhiber. C’est donc cette méthode (INPP) qui est historiquement la première « école » d’intégration/inhibition des réflexes. Blythe/Goddard ont participé à plusieurs dizaines d’études et de publications autour des réflexes dont la liste est ici.


C’est à partir des écrits de Sally Goddard Blythe (en particulier Le Grand Livre des réflexes) que les choses s’accélèrent dans le milieu des années 1990. Le livre de Mme Goddard est lu par de nombreux professionnels et experts de l’apprentissage (psychologues, médecins, thérapeutes, éducateurs…). Ainsi, la connaissance sur les réflexes s’est répandue dans le monde et de nombreux courants/écoles/méthodes (dont l’IMP) ont pu voir le jour.

Les « écoles réflexes » et l’introduction en France

Vers la fin des années 1990 émerge alors plusieurs « écoles » d’intégration des réflexes (en plus de l’INPP). Ces « méthodes » proposent différents outils en fonction, d’une part, de leur créateur/trice (psychologue, thérapeute, enseignant…) et d’autre part, des publics auxquels ils/elles s’adressent (enfants, personnes en situation de handicap, groupes, personnes âgées, bébés, sportifs professionnels…).

Apparaît alors une diversité d’approches autour de cette nouvelle compréhension des réflexes primitifs : l’importance de l’inhibition/intégration. C’est dès la fin des années 1990 que nous (Paul Landon) avons introduit en France la plupart de ces écoles lors de formations organisées par nos soins.

Nous avons, par exemple, contribué à importer en France les approches suivantes (écoles principales) :

  • Le MNRI (Masgutova Neurosensorimotor Reflex Integration), l’approche de Madame Svetlana Masgutova de Russie, que nous avons introduit en France et en Belgique dès 2002. Mme Masgutova est docteure en psychologie spécialisée dans le handicap et les troubles de stress post-traumatique. Elle a étendu le travail de Blythe à plus de 40 réflexes (réflexes faciaux, réflexes de naissance ainsi que beaucoup d’autres réflexes archaïques ou de vie). Elle utilise principalement des techniques isométriques et tactiles. Elle a supervisé et publiée près de 200 articles scientifiques autour de son approche et des réflexes archaïques, validant ainsi de nombreuses techniques que nous utilisons en IMP.

  • RMT du docteur Harald Blomberg (Rythmic Movement Training), psychiatre suédois décédé en 2020. M. Blomberg a tout d’abord travaillé avec Madame Kerstin Linde, une de ses compatriotes qui utilisait des bercements (dit Rythmic Movements) avec les personnes en situation de handicap. Par la suite, il s’est formé en INPP de Blythe et auprès de Mme Masgutova (MNRI). Il a mis en évidence (vers 2005) que les mouvements de bercement de Linde participaient à l’intégration des réflexes. Ultérieurement, il a ajouté des pressions isométriques issues des travaux de Masgutova dans ses formations. Plusieurs recherches ont validé l’intérêt des bercements rythmés de Kerstin Linde dans les situations d’apprentissage scolaire ou dans le handicap.

  • Brendan O’Hara, enseignant et musicien australien (https://www.movementandlearning.com.au/) a mis au point des jeux de coordination, des chansons et d’autres activités ludiques pour intégrer les réflexes. Nous l’avons fait venir en France et en Belgique en 2003 et sommes toujours en contact avec lui. Il est l’auteur de Je bouge donc j’apprends !

  • Thomas Hanna, créateur de Hanna Somatic Education (décédé en 1990) qui a centré ses recherches sur les réflexes de stress (feu rouge, feu vert et réflexe de trauma) et qui les a associés aux réflexes primitifs des bébés. Il est l’auteur de Le Mythe du vieillissement.

  • Tim Anderson le créateur d’Original Strength qui a mis au point des mouvements dits de RESETS, reproduisants les mouvements que les bébés utilisent pour faire maturer leurs réflexes (introduit en IMP dès 2014). Nous invitons Tim régulièrement depuis 2018 (voir cours complémentaires). Il est l’auteur de Réinitialisez-vous !

Et la sience dans tout ça ?

À partir de là, les choses s’accélèrent et on compte plusieurs centaines d’articles ou de publications scientifiques, qui soient s’intéressent directement aux réflexes archaïques, soient les citent. Une simple recherche sur PubMed avec les mots « primitive reflexes » ou encore mieux avec « primitive reflex integration » offre de nombreuses références.

Qui peut encore sérieusement dire aujourd’hui qu’il n’existe pas de preuves validant l’intérêt de l’intégration des réflexes primordiaux ?

Naissance de l’IMP - Intégration Motrice Primordiale

Après avoir travaillé avec ces différentes écoles de réflexes, Paul Landon a souhaité combiner dans son cabinet, puis dans ses formations, tout ce qu’il avait appris autour des réflexes et de l’associer avec d’autres approches corporelles. C’est ainsi qu’en 2011 est né l’IMP, une approche unifiée et unique au monde.

Les sources de l’IMP sont nombreuses et ont conduit Paul à créer une maison d’édition (Ressources Primordiales) reprenant ses différentes influences et références francophones dans les publications autour des réflexes primitifs.

En 2014, Paul entame une collaboration avec Ludivine Baubry, éducatrice spécialisée formée parallèlement en périnatalité. Cette coopération a grandement fait évoluer l’IMP notamment grâce aux apports de Michel Odent (obstétricien), de sages-femmes dont Suzanne Colson (autrice de L’Allaitement instinctif) et de nombreux professionnels (optométristes, ostéopathes, psychomotriciennes, ergothérapeutes…). Ces collaborations ont permis une nouvelle compréhension du rôle des réflexes en périnatalité (grossesse, naissance, allaitement, bambins) et tout au long de la vie.

Depuis les années 2010 sont apparues de nombreuses autres approches autour des réflexes. C’était inévitable. Par exemple, une fois que nous avons enseigné l’IMP à de nombreux podologues dès 2012, ils ont souhaité combiner leur compréhension du corps humain avec leur nouvelle compréhension des réflexes que l’IMP leur a apporté. Il en va de même pour des ostéopathes, entraîneurs sportifs, kinésithérapeutes… Les connaissances autour des réflexes se sont démocratisées, nous nous en réjouissons, et de nouvelles approches spécialisées ont vu le jour. Il existe des cours : apprentissage et réflexes, posture et réflexes, handicap et réflexes, posturologie et réflexes… À ce jour, les principaux formateurs autour des réflexes en France se sont formés auprès de nous en IMP.

De fait, ces dernières années, on voit de plus en plus fleurir sur les réseaux sociaux des « posts » parlant des réflexes archaïques. Évidemment, comme partout, on trouve du bon et du moins bon. Certaines personnes croient pouvoir « sauver le monde » avec les réflexes, avec parfois l’apparition de thérapeutes « sauvages ». C’est regrettable. C’est pourquoi en IMP, nous militons depuis toujours pour des standards de qualité, une déontologie et une approche innovante et éducative.

Depuis 2011, au contact d’experts internationaux, l’IMP reste leader en francophonie dans le monde des réflexes tout en ouvrant sa vision à d’autres domaines, grilles de lecture et outils pratiques. Nous rappelons que IMP signifie Intégration Motrice Primordiale et non méthode magique d’intégration des réflexes.

Notre mot d’ordre est : l’IMP, au-delà des réflexes !

  • 22. Dupre, E (1925) Débilité motrice. In : E. Dupré, Pathologie de l’imagination et de l’émotivitée. Payot, Paris.
  • 23. De Quiros, JL and Schrager, O (1979) Neurophysiological fundamentals in learning disabilities. Academic Therapy Publications, Novato, CA. p. 146–147.
  • 24. Clements, SD (1966) Task force one : Minimal brain dysfunction in children. National Institute of Neurological Diseases and Blindness. Monograph No. 3. US Department of Health, Éducation and Welfare.
  • 25. Bobath, K and Bobath, B (1955) Tonic reflexes and righting reflexes in diagnosis and assessment of cerebral palsy. Cerebral Palsy Review, 16(5) : 3–10, 26.
  • 26. Bobath, K (1980) A neurophysiological basis for the treatment of cerebral palsy. Blackwell Publishing Ltd, Oxford.
  • 27. Illingworth, RS (1962) An introduction to developmental assessment in the first year. National Spastics Society/William Heinemann (Medical Books), London.
  • 28. Capute, AJ and Accardo, PJ (1991) Cerebral palsy. The spectrum of motor dysfunction. In : Capute, AJ and Accardo, PJ (eds), Developmental disabilities in infancy and early childhood. Paul Brookes Publishing Co., Baltimore, MD.
  • 29. Fiorentino, MR (1981) Reflex testing methods for evaluating C.N.S. development. Charles C Thomas, Springfield, IL.
  • 30. Levitt, S (1977) Treatment of cerebral palsy and motor delay. Blackwell Publishing Ltd, Oxford.
  • 31. Brunnstrom, S (1970) Movement therapy in hemiplegia : a neuro-physiological approach. Harper and Row, New York.
  • 32. Gustafsson, D (1970) A comparison of basic reflexes with the subtests of the Purdue perceptual-motor survey. Master’s thesis, University of Kansas.
  • 33. Rider, B (1972) Relationship of postural reflexes to learning disabilities. American Journal of Occupational Therapy, 26(5) : 239–243.
  • 34. Bender, ML (1976) Bender-Purdue reflex test. Academic Therapy Publications, San Rafael, CA.
  • 35. Ayres, AJ (1978) Sensory integration and learning disorders. Western Psychological Services, Los Angeles, CA.
  • 36. Wilkinson, G (1994) The relationship of primitive postural reflexes to learning difficulty and underachievement. Med thesis. University of Newcastle-upon-Tyne, UK.
  • 37. Blythe, P and McGlown, D (1979) An organic basis for neuroses and educational difficulties. Insight Publications, Chester, UK.
  • 38. Goddard Blythe, SA (2008) What babies and children really need. Hawthorn Press, Stroud, UK.
  • 39. Goddard Blythe, SA (2009) Attention, balance and coordination. The A.B.C. of learning success. John Wiley & Sons Ltd, Chichester.
  • 40. Goddard Blythe, SA and Hyland, D (1998) Screening for neurological dysfunction in the specific learning difficulty child. The British Journal of Occupational Therapy, 10 : 459–464.
  • 41. McPhillips, M and Jordan-Black, J-A (2007) Primary reflex persistence in children with reading difficulties (dyslexia) : A cross-sectional study. Neuropsychologia, 45 : 748–754
  • 42. Taylor, M, Hougton, S and Chapman, E (2004) Primitive reflexes and Attention Deficit Disorder : Developmental origins of classroom dysfunction. International Journal of Special Éducation, 19 : 1.
  • 43. McPhillips, M and Jordan-Black, J-A (2007) The effect of social disadvantage on motor development in young children : a comparative study. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 48(12) : 1214–1222.
  • 44. Goddard Blythe, SA (2010) Neuromotor immaturity as an indicator of developmental readiness for education. Paper presented at The Institute for Neuro-Physiological Psychology International Conference, Miami, FL. April 2010.