Dans cet article, nous verrons pourquoi il est important de bien différencier le développement du réflexe primitif (réflexe archaïque) qui se produit chez le tout petit (dès in-utero pour la plupart des réflexes) du développement de son schème (patron) qui se produit dans la petite enfance. L’aspect réflexe est d’ordre médical alors que la partie « schème » est liée au développement ultérieur et c’est essentiellement avec ce schème que nous travaillons en IMP.
Auteurs : Émilie Ouillon, ostéopathe certifiée en IMP, Ludivine Baubry et Paul Landon, concepteurs de l’IMP.
Définition
Une des bases de notre travail en IMP se fonde sur la compréhension des réflexes archaïques non conditionnés du nourrisson. Mais, nous devons clarifier les choses, car la notion de réflexes primitifs peut signifier plusieurs choses, en fonction de la personne à qui l’on s’adresse.
Réflexe : se dit d’un mouvement, d’une contraction, d’une sécrétion, etc. qui se produisent indépendamment de la volonté, en réponse à un stimulus donné.
Réflexe archaïque, qui est observable chez le nouveau-né et disparaît dans les premiers mois de la vie. (Source : https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9R1213).
Les réflexes primitifs/archaïques en médecine
Comme nous le savons tous, le pédiatre ou la sage-femme va « tester » certains réflexes primitifs du nouveau-né peu après la naissance. En général, il s’agit des réflexes suivants dont on cherche la présence :
- Réflexe d’embrassade de Moro.
- Réflexe d’agrippement de Robinson (main).
- Réflexe de Babinski (pied).
- Réflexe de marche automatique de Thomas.
- Réflexe spinal de Galant.
- Réflexes des points cardinaux et réflexe de succion.
En effet, depuis la première partie du XXe siècle, on a remarqué que l’absence, la présence exagérée ou l’asymétrie de certains réflexes chez le nouveau-né sont associées à certains troubles neurologiques ou développementaux. Par exemple, un réflexe de Moro absent pendant la période néonatale suggère un traumatisme lors de la naissance, une asphyxie, une hémorragie intracrânienne ou une malformation cérébrale. Une réponse exagérée de ce réflexe est généralement retrouvée dans les cas de sevrage néonatal ou dans certains cas de malformations cérébrales. Sa présence asymétrique est plutôt le signe d’une lésion périphérique, au niveau d’un nerf ou de la moelle épinière cervicale, ou d’une fracture de clavicule, ce qui empêche l’expression du réflexe du côté lésé.
Cinq causes sont généralement liées au mauvais développement d’un réflexe archaïque chez le fœtus/nouveau-né :
- Des problèmes congénitaux.
- Des maladies.
- Des traumatismes lors de la naissance.
- Des traumatismes physiques ou émotionnels.
- Une exposition au stress chronique.
Les problèmes listés ci-dessus vont engendrer l’une des 4 possibilités suivantes, le réflexe va soit :
- Émerger, maturer et s’intégrer avec peu ou pas de difficultés.
- Émerger, ne pas maturer et rester dysfonctionnel.
- Émerger de manière pathologique.
- Ne pas émerger.
Dans la quasi-totalité des cas, les réponses 2 à 4 sont associées à des déficits du développement ou à des handicaps.
C’est pourquoi en médecine pédiatrique, il est essentiel pour le médecin de savoir évaluer les réflexes primitifs dès la naissance pour déterminer si une prise en charge/rééducation (neurologie, ergothérapie, psychomotricité, kinésithérapie…) doit être prévue.
Par exemple, voici ce que l’on peut lire dans un livre de pédiatrie anglo-saxon de référence, The Neurological Examination of the Full-term Newborn Infant d’Heinz PRECHTL (2ᵉ édition 1974) concernant le réflexe d’agrippement (dit réflexe de préhension, palmaire ou Grasping).
Réflexe palmaire
Procédure : placer les doigts (généralement l’index) transversalement dans les deux mains simultanément du nouveau-né et appuyer gentiment sur la surface palmaire. Ne pas toucher les faces dorsales des mains. S’assurer que la tête reste sur la ligne médiane.
Réponse : flexion de tous les doigts du bébé autour des index de l’examinateur.
Notation (réponse normale en gras) :
- — absent
- + court, flexion faible
- ++ fort et maintenu durant plusieurs secondes
- +++ agrippement maintenu avec blanchiment du bout des doigts du nourrisson
Signification : observez la différence d’intensité entre des deux côtés. Les mouvements de succion facilitent l’agrippement. Si l’agrippement est faible ou absent, cherchez à le faciliter en déclenchant des mouvements de succion. Si cela reste sans effet, la raison de l’absence du réflexe palmaire est d’ordre périphérique plutôt que centrale. Les asymétries se produisent lors des parésies de Erb ou de Klumpke. La réponse est faible ou absente chez les bébés dépressifs.
Développement : peut être moins intense lors du premier et deuxième jour.
L’observation seule des réflexes ne permet pas au pédiatre de poser un diagnostic, mais alerte sur la possibilité d’un problème d’intégrité du système nerveux. C’est uniquement via des examens complémentaires (physiologie, imagerie, génétique) que le professionnel pourra poser un véritable diagnostic.
La présence anormale d’un réflexe archaïque chez le nourrisson, qu’il s’agisse d’une absence, d’une exagération ou d’une asymétrie, est d’ordre médical et hors du champ de compétence des praticien.ne.s en IMP (que nous appelons accompagnant.e.s en IMP).
Dans certains cas, des réflexes peuvent ressurgir de manière pathologique également chez l’adulte, comme l’agrippement ou le réflexe de succion dans les syndromes frontaux (lésions des lobes frontaux, dégénérescences fronto-temporales par exemple). Il s’agit là encore de troubles nécessitant une prise en charge médicale, hors du domaine de compétence des accompagnant.e.s en IMP.
Il est essentiel pour les accompagnant.e.s en IMP et plus généralement toute personne travaillant autour des réflexes archaïques de garder à l’esprit cet aspect médical des réflexes, afin de savoir orienter la personne vers les professionnels de santé nécessaires et d’obtenir, s’il y a lieu, un diagnostic médical sans le retarder.C’est pourquoi, les professionnel.le.s en IMP travaillent en complément des professionnels de santé, en particulier les psychomotricien.ne.s, les orthophonistes, les sages-femmes, les ostéopathes, les ergothérapeutes et les kinésithérapeutes. En cas de doute, il est du devoir des accompagnant.e.s en IMP d’orienter vers le spécialiste adéquat, y compris le médecin.
Les réflexes primordiaux en IMP
L’histoire ne s’arrête pas là. Après avoir émergé, les réflexes primitifs vont être utilisés par le nouveau-né durant une certaine période (quelques semaines à quelques mois) puis s’inhiber. Quand un réflexe est inhibé, le réflexe ne peut plus être déclenché par le stimulus initial qui le déclenchait plus jeune. C’est de cette non-inhibition dont nous nous occupons en IMP, bien différente de la présence pathologique d’un réflexe archaïque comme nous l’avons évoqué précédemment.
Depuis les années 1980 et surtout 1990, de nouvelles approches (Ayres, Blythe/Goddard, Masgutova) ont mis en évidence que la non-inhibition complète des réflexes pouvait avoir une influence sur le développement cognitif, émotionnel et corporel.
Par exemple, dans le cas du réflexe palmaire présenté plus haut, on observe fréquemment que sa non-inhibition complète peut affecter le développement de la motricité fine (écriture entre autres). Concrètement, on constate souvent chez les personnes présentant des difficultés ou une aversion pour l’écriture, la présence d’un réflexe d’agrippement résiduel. Comme si le réflexe, au lieu d’avoir pleinement passé le relai à la motricité volontaire, restait partiellement actif et gênait la mise en place de la motricité volontaire (de la main, dans le cas présent).
Comme toujours, les choses ne sont pas si simples et notre organisation est complexe. En effet, on peut distinguer la non-intégration initiale et la dés-intégration survenant plus tard.
La non-intégration d’un réflexe
Tout d’abord, parlons de la non-intégration d’un réflexe dans la petite enfance. Il s’agit d’un réflexe primitif qui ne s’intègre pas, n’arrive pas à maturité et va affecter l’enfant dans son développement de manière générale. Évidemment, la question qui surgit ici est de savoir pourquoi les réflexes ne s’inhibent/s’intègrent pas correctement, mais ça n’est pas le sujet de cet article. On peut néanmoins citer, comme ci-dessus, les stress, les maladies, les chocs, les tensions corporelles entravant le mouvement et les conditions de l’environnement inadaptées durant l’évolution du réflexe dans la petite enfance.
La dés-intégration d’un réflexe (protection positive/négative)
Il est aussi possible d’avoir correctement intégré un réflexe petit, mais d’en perdre l’intégration sous l’influence de traumatismes, de stress, de maladies ou d’autres causes. Autrement dit, il se dés-inhibe. Cette dés-inhibition peut être générale (et nous affecter à tous les niveaux) ou contextuelle (et ne nous affecter que dans certaines conditions).
En effet, sous l’effet du stress, d’une maladie ou d’un traumatisme, le réflexe peut ressurgir. En réalité, sous stress, le néocortex s’inhibe et perd donc le contrôle qu’il exerce habituellement sur les réflexes : le réflexe se retrouve dés-inhibé et « reprend les commandes », car nous sommes en danger.
Par exemple, nous ne pouvons rester agrippés de manière volontaire à une barre fixe qu’un temps limité, mais en situation de danger, nous pouvons nous agripper beaucoup plus fortement et longuement (au détriment de la motricité fine). En effet, sous stress, nous serrons les poings, prêts à nous défendre et ne pouvons plus écrire ou coudre normalement. Nous passons en « mode survie » et en fonction de la situation, certains réflexes se dés-inhibent pour nous venir en aide. Svetlana Masgutova parle alors de la fonction de protection positive. Ainsi, dans cette situation de stress, le réflexe s’exprime à bon escient.
Autre exemple, si nous trébuchons, un réflexe antagoniste (mouvement contraire) au réflexe d’agrippement s’active : le réflexe de soutien des mains, aussi nommé réflexe de parachute, et nous étendons les bras devant nous tout en ouvrant les mains. Ce réflexe surgit dans ce cas précis pour nous secourir (amortir notre chute et éviter de nous fracasser le crâne, la partie la plus essentielle de notre anatomie). Là aussi, le réflexe se manifeste à bon escient.
Habituellement, le réflexe joue son rôle, puis le stress s’amenuisant, le néocortex reprend le contrôle et inhibe de nouveau le réflexe. Cependant, dans certains cas (pathologies, stress chronique) le système nerveux n’arrive pas à reprendre le contrôle sur le réflexe et celui-ci ne se ré-inhibe pas (Masgutova parle alors de protection négative, la protection n’est plus nécessaire, mais persiste néanmoins). Dans ce cas, des compensations vont se mettre en place et nous affecter négativement à différents degrés. Nous sommes alors en surprotection (état de stress) et perdons un peu (ou beaucoup) de nos capacités volontaires.
Nous, les Homo sapiens, sommes des êtres complexes et les réflexes peuvent s’activer sous l’influence de nos émotions, de manière très spécifique. Par exemple, un enfant qui n’aime pas les maths, peut se retrouver avec certains réflexes non intégrés UNIQUEMENT en cours de maths. Le système nerveux considère la situation (cours de maths) comme un danger et active en réaction un ou plusieurs réflexes.
C’est pourquoi en IMP, nous cherchons à l’aide d’objectifs à identifier la/les circonstance.s précise.s dans lesquels se manifestent les réflexes, afin de s’assurer qu’ils remplissent bien leur rôle de protection positive sans entraver notre fonctionnement.
Les réflexes considérés comme schème
En IMP nous allons encore plus loin dans notre compréhension des réflexes primitifs et suivons en ce sens les pas de Bonnie Bainbridge Cohen qui dit dans Sentir, ressentir et agir, Nouvelles de danse, 1993 :
« Derrière CHAQUE mouvement accompli avec aisance et succès se trouvent des réflexes, des réactions de redressement et des réponses d’équilibration intégrées ».
Il existe différentes théories concernant le développement de la motricité volontaire. Au-delà des théories maturationnistes, pour de nombreux théoriciens, le comportement réflexe précède la motricité volontaire.
Selon Piaget, l’exercice du mouvement réflexe permet de le renforcer, mais également de développer des interactions avec l’environnement et d’en élaborer des représentations, d’impliquer et d’enrichir différentes sphères sensorimotrices, et donc de développer de nouvelles coordinations. Ces schèmes moteurs s’organisent entre eux et s’adaptent à l’environnement extérieur, au fur et à mesure des expériences et de la maturation du système nerveux, permettant l’élaboration d’une motricité progressivement volontaire, intentionnelle. Au fil de son développement, l’enfant a accès à des schèmes moteurs de plus en plus nombreux et de mieux en mieux adaptés. Les réflexes, selon Piaget, constituent le point de départ de la construction de ces schèmes.
Cette théorie trouve écho dans d’autres, notamment l’évolution progressive du schème moteur du réflexe (Twitchell). Par exemple, l’agrippement palmaire, qui dans ses tout premiers stades est une réaction globale de traction déclenchée par un stimulus proprioceptif, aboutit à une réaction déclenchée par un stimulus tactile, d’orientation de la main avec implication plus précise de chaque doigt. L’évolution vers le mouvement volontaire est progressive, chaque étape étant plus complexe que la précédente, liée à un schème de réflexe plus complexe également.
On pourrait également citer les travaux de White, Paillard (impliquant la nécessité de la construction d’une posture stable pour permettre le développement des mouvements dirigés vers l’environnement grâce aux mouvements de redressements notamment), Zelazo, les théories néopiagétiennes ou encore le point de vue selectionniste.
Nous considérons en IMP que chaque réflexe primitif constituera un schème sensorimoteur qui va permettre l’élaboration d’une motricité volontaire fluide, coordonnée et adaptée.
La notion de schème moteur est à rapprocher de celle de synergie motrice. Développée principalement par Bernstein et Berthoz, ils définissent une synergie motrice ou neuromusculaire, comme une coordination fonctionnelle de différents muscles en vue d’une action donnée, c’est-à-dire comme un « alphabet » d’actions de base, à notre disposition pour construire nos gestes moteurs plus complexes de la manière la plus efficiente possible. On peut raisonnablement supposer que les réflexes archaïques, lorsqu’ils s’expriment chez le tout-petit, pourraient soutenir le développement de ces coordinations primaires, puis lorsqu’ils s’inhibent, vont en réalité s’intégrer dans le fonctionnement moteur global sous la forme de ces coordinations fonctionnelles.
C’est la distinction que nous faisons en IMP entre inhiber un réflexe et intégrer un réflexe.
Pour que la motricité volontaire soit optimale, le réflexe archaïque ne doit pas seulement ne plus être présent (être inhibé), mais il doit également avoir accompli son rôle de « trame » de mouvement, avoir construit de manière suffisante le schème moteur qui lui correspond, afin que la motricité volontaire puisse se développer de manière coordonnée, fluide et efficace.
Nous pensons en IMP que non seulement chaque réflexe primitif, réaction réflexe ou réponse réflexe sert de patron pour le mouvement, mais également pour la cognition et l’expression émotionnelle, car on ne peut pas séparer ces trois aspects (moteur, cognitif et émotions).
En effet, quand un bébé attrape quelque chose (pour rester dans l’exemple du réflexe d’agrippement palmaire), fait-il un « geste » physique, émotionnel ou cognitif ? Veut-il attraper l’objet pour le toucher (physique), le découvrir et l’explorer (cognition) ou se satisfaire en le tétant (émotionnel) ? Bien malin qui peut le dire. À vrai dire, le bébé fait tout à la fois. Ou plutôt, ces trois aspects n’existent pas séparément, tout geste est simultanément corporel, mental et émotionnel.
D’un point de vue neurologique, le système sensorimoteur est intrinsèquement lié aux autres fonctions cérébrales : on peut noter, par exemple, les liens entre l’équilibre, la fonction vestibulaire et la régulation émotionnelle, ou encore la motricité oculaire et les fonctions visuo-spatiales, indispensables aux processus cognitifs que vont être la lecture ou le calcul.
Ainsi, près de 70 réflexes présents chez le nouveau-né à la naissance lui servent de base/patron/modèle/structure… corporelle, mais aussi cognitive et émotionnelle. À la suite de Piaget, nous parlons de « schème sensorimoteur », dans le cas présent de schème d’agrippement (ou de préhension, ou palmaire ou de grasping). Les réflexes du nouveau-né sont incontestablement des schèmes sensorimoteurs, corporels, cognitifs et émotionnels.
Quelles conséquences entrainent ces nouvelles notions de protection positive (Masgutova) et de schème (BrainBridge-Cohen et Piaget) ?
Elles sont nombreuses. En IMP, nous travaillons à l’acquisition de compétences et non à la résolution de problèmes. Nous ne nous considérons pas comme des praticiens en réflexes (que l’on voit fleurir de plus en plus sur la toile et les réseaux sociaux) car nous considérons que les réflexes sont au fondement (structure, schème) de notre organisation corporelle/cognitive/émotionnelle. Nous nous appuyons sur ces schèmes pour avancer dans la vie et ce sont ces mécanismes que nous cherchons à stimuler en IMP. Nous ne cherchons pas à inhiber les réflexes coûte que coûte, mais à en utiliser les patrons pour faire progresser nos clients.
Pour aller dans cette direction, nous nous appuyons sur d’autres concepts tels que :
- l’inhibition néocorticale chère au docteur Michel Odent (Homo et la planète Océan, Ressources Primordiales, 2022) ;
- l’observation des réflexes « à la bonne adresse » de la sage-femme Suzanne Colson (L’Allaitement instinctif, Ressources Primordiales, 2021) ;
- les principes de paléo-sapience de Frank Forencich (L’Animal exubérant, 2018 et Paléo-sapience, 2021 – Ressources Primordiales) ;
- les notions de réflexes de stress et de pandiculation de Thomas Hanna (Le Mythe du vieillissement, 2020, Ressources Primordiales) ;
- les mouvements de réinitialisation de Tim Anderson (Réinitialisez-vous !, 2020, Ressources Primordiales).
C’est la raison pour laquelle l’IMP – Intégration Motrice Primordiale – a pour mot d’ordre « au-delà des réflexes ». Nous utilisons les notions de réflexes archaïques et de schèmes sensorimoteurs comme tremplin pour aider tout un chacun à développer ses compétences.
Conclusion
En résumé, un réflexe archaïque est censé émerger, maturer et s’inhiber. S’il n’émerge pas ou de manière anormale, on est la plupart du temps en présence d’une pathologie ou d’une lésion du système nerveux central, du ressort du champ médical. Si en revanche le réflexe ne s’inhibe pas pleinement, il est souvent utile de recourir à un programme d’inhibition des réflexes (Goddard-Blythe, Masgutova). Cependant, en IMP nous poussons les choses un peu plus loin, et ne cherchons pas à simplement inhiber les réflexes, mais à en faire émerger les schèmes de manière optimale. C’est la différence que nous faisons entre inhiber les réflexes et les intégrer. C’est ce, qu’à la suite de S. Masgutova, nous cherchons à faire en IMP, tout en enrichissant notre compréhension et notre pratique d’un ensemble d’autres concepts et outils.
Question finale : est-ce que cela veut dire que les accompagnant.e.s en IMP ne peuvent pas travailler avec des personnes porteuses de handicap associé à des réflexes immatures ou non émergés ?
Non, car même si nous ne pouvons pas dans ces cas-là « réparer » les réflexes ou le système nerveux, nous pouvons néanmoins stimuler les schèmes correspondants pour soutenir la personne dans son développement et l’aider à acquérir ou restaurer les compétences qui lui sont nécessaires, de la manière la plus optimale possible, à condition que l’accompagnement en IMP vienne en complément de la rééducation et des prises en charge médicales habituelles.
Bibliographie :
- The Grasp Reflex and Moro Reflex in Infants: Hierarchy of Primitive Reflex Responses ; Yasuyuki Futagi, Yasuhisa Toribe, and Yasuhiro Suzuki
- Syndromes hemisphériques, Cen-Neurologie.fr
- Le développement des habiletés de l’enfant, coordination bimanuelle et latéralité ; Jacqueline Fagard
- Understanding the links between vestibular and limbic systems regulating emotions ; Archana Rajagopalan
- Le sens du mouvement, Alain Berthoz