Pour comprendre l’approche IMP (intégration motrice primordiale), il faut savoir ce que sont les réflexes.
Tout acte de vie, conscient ou inconscient, est d’origine réflexe.
I. M. Setchenov (1829-1905), physiologiste et neurologue russe.
Les réflexes non conditionnés (innés) comprennent :
a. Les réflexes viscéraux (autonomes)
b. Les réflexes archaïques (primitifs)
c. Les réflexes de vie (ou posturaux)
Les réflexes conditionnés comprennent tous les apprentissages (acquis) qu’ils soient corporels (sports, coordination), cognitifs (scolaires, mémoire, apprentissages) ou émotionnels (relations).
La mission principale de l’IMP est de contribuer à l’intégration des réflexes primordiaux (réflexes archaïques + réflexes de vie) dans le but de favoriser les capacités humaines d’apprentissage (réflexes conditionnés). Nous considérons que toute situation de vie, qu’elle soit cognitive, corporelle ou émotionnelle, est une situation d’apprentissage. En « équilibrant » les réflexes primordiaux, nous ouvrons grand les portes de l’apprentissage.
Les réflexes archaïques émergent avant la naissance.
Ils se développent, assurant des fonctions de survie (alimentation, protection) et de développement (déplacement, communication). Ils forment ainsi un répertoire d’organisations motrices indispensables dans les premières années de vie.
Ils s’inhibent progressivement pour faire place à la motricité volontaire (tonus, intentionnalité).
Ils laissent graduellement la place aux réflexes de vie ce qui signifie qu’ils se fondent à un répertoire moteur plus vaste et plus fin. Cette intégration est possible à condition que les étapes 1, 2 et 3 se soient réalisées correctement.
Si les réflexes archaïques ne s’inhibent pas, ils vont alors persister et peuvent gêner, voire empêcher, les apprentissages ultérieurs qu’ils soient d’ordre, moteur (mouvement, sport), cognitif (scolarités, apprentissages, mémoire) ou émotionnels/mental. On cherchera dès lors à réactiver le processus d’intégration à travers des mouvements primordiaux spécifiques à chaque réflexe ou plus généraux.
L’IMP vise à intégrer les réflexes (réflexes archaïques et réflexes de vie) afin qu’ils deviennent une ressource permettant à chacun d’aller vers ses objectifs. L’approche synthétise les apports des meilleurs experts mondiaux conjointement à une démarche scientifique de validation.
Pour comprendre l’IMP il nous faut suivre les pas de son créateur. Paul Landon était un enfant en difficulté scolaire. Avide de trouver les solutions, Paul partit à la rencontre d’experts qui affirmaient qu’il ne s’agissait pas de problèmes « dans la tête » mais de manques « dans le corps ».
En 1991, il rencontre le chercheur en sciences de l’éducation Paul Dennison ainsi que sa femme Gail et se certifie la même année en Éducation Kinesthésique, donc l’apprentissage par le mouvement. Les dés sont jetés. Il existe bien des relations étroites entre le développement du corps et l’apprentissage par la tête. Paul devient représentant francophone des Dennison et forment dans le monde des milliers de personnes. Vers la fin des années 1990, la rencontre avec la psychologue russe Svetlana Masgutova, donne un nouveau relief aux liens corps – cognition. Svetlana travaille alors sur le stress post-traumatique et le polyhandicap. Aux confins de la survie, le corps, l’émotion et la parole se figent. L’apprentissage aussi ! Svetlana invente de nouvelles techniques d’intégration des réflexes à l’origine de ce figement.
De nombreuses autres rencontres suivront avec les meilleurs experts mondiaux des réflexes. Paul introduira les premières formations sur les réflexes en France, Belgique et Suisse. Autant de rencontres qui formeront, en 2011, les briques constitutives de la maison IMP.
En 2014, Paul commence une collaboration avec Ludivine Baubry, éducatrice spécialisée et experte en périnatalité. Tous les deux font évoluer l’IMP vers de nouvelles directions.
Aujourd’hui, Paul et Ludivine continuent leur travail de synthèse et de rencontre avec les meilleurs. Ils invitent des experts du monde entier à donner des cours complémentaires en France.
Ils traduisent leurs écrits au sein de leur maison d’édition Ressources Primordiales. Enfin, ils partagent ce qu’ils ont appris à travers le cursus professionnel en IMP qui mène les professionnels de la santé, du bien-être, de l’éducation et du sport, au label praticien.ne (accompagnant.e) en IMP.
Tous les professionnels de la santé connaissent les réflexes archaïques. L’existence même des réflexes n’est donc pas une question pour les spécialistes du corps et de la motricité. Mais ils ont appris que ces réflexes émergeaient puis s’inhibaient spontanément. A tel point qu’après l’âge de 3 ans, on n’en parlait plus.
Pourtant, une recherche menée en 2024 par Julie Bastière et le laboratoire Volodalen montre que 68.1% de joueurs de football âgés de 17 ans, ont encore des réflexes archaïques actifs (Bastière et al, 2024). Aux personnes qui affirment que la persistance des réflexes archaïques et leur intégration par des mouvements spécifiques n’a pas de base scientifique, Julie et l’IMP propulsé par le laboratoire Volodalen, répond par le graphique qui suit. Au 1er janvier 2025, on dénombre une centaine publications scientifiques qui prouvent que la persistance des réflexes archaïques est associée à des troubles du comportement, des compétences motrices et de la cognition.
Quant à la thèse de Julie menée pendant 3 ans dans l’académie d’un club professionnel de football, elle établit que les joueurs dont les réflexes sont restés actifs, ont aussi plus « d’alertes médicales ». Et ce n’est pas tout ! Ces joueurs prennent 1,7 fois plus de temps pour revenir sur le terrain suite à une blessure, font plus d’erreurs, gagnent 2 fois moins de duels au sol et aériens, ont une efficacité réduite de moitié sur leurs passes en zone de finition. Vous avez bien lu. Avec des réflexes actifs les joueurs sont plus longtemps blessés, moins bons techniquement et tactiquement.
Ces résultats impressionnants sont d’autant plus solides qu’ils ont été établis selon une procédure très stricte à l’aveugle ! Les techniciens qui évaluaient chaque qualité (présence des réflexes, blessures, technique et tactique) ne savaient pas ce que les autres avaient trouvé. C’est de la science. Oui, les réflexes au sein de l’IMP propulsé par Volodalen, c’est de la science.
La figure ci-dessous répertorie les articles publiés par la communauté scientifique et les organise par thématique. La mise à jour a été effectuée en septembre 2024. Elle ne prend en compte que les articles dont les réflexes archaïques sont le thème principal et dont les réflexes étudiés sont les réflexes de Moro, tonique asymétrique de cou, tonique symétrique de cou et tonique labyrinthique. Cette figure exclut également les articles étudiant les liens entre réflexes archaïques et maladies (Parkinson, Alzheimer…) mais aussi ceux traitant des prématurés.