Le réflexe de marche automatique de Thomas

Extraits issus des manuels de cours d’IMP

Lorsque le nouveau-né est soulevé, tenu sous les aisselles, que ses pieds sont sur une surface plane et qu’on le penche un peu en avant, il exécute des mouvements de marche spontanés. Le nourrisson redresse également la tête. Le réflexe de marche automatique est activé par un déplacement du centre de gravité vers l’avant.

Dynamique du réflexe :

  • Émergence : le réflexe de marche automatique apparait à la 37e semaine in utero (8-8,5 mois).
  • Durée : il est actif dès la première semaine jusqu’au 2e mois après la naissance.
  • Évolution-I : de la première semaine jusqu’au premier mois après la naissance.
  • Crise : 1-1,5 mois.
  • Évolution-II : 1,5-2 mois.
  • Maturation : vers le 2e mois.
  • Intégration : ce réflexe est intégré à l’âge de 2 mois et s’active plus tard dans la marche mature et lors d’autres mouvements volontaires de l’ensemble du système moteur du corps.

Il y a un timing très spécifique de la coordination du mouvement des jambes : tout d’abord, le talon touche la surface (le pied est en flexion dorsale, en raison du tonus des fléchisseurs chez le nourrisson), puis le pied se met en extension et touche pleinement le sol.

Le réflexe de marche automatique a été décrit et beaucoup étudié par André Thomas qui a observé des nourrissons entre 6 et 10 mois présentant une marche précoce.

Saint-Anne Dargassies découvrit que pendant la période de 4 à 6 mois, les nourrissons sont incapables de faire des mouvements de marche alors que le réflexe de marche mature n’existe pas encore. Si vous placez un bébé sur une surface plane à cet âge, il ne fléchit qu’une jambe après l’autre. Il apprend à passer le poids de son corps d’une jambe à l’autre et ses mouvements sont davantage semblables à un mouvement de marche sur place qu’à un déplacement dans l’espace.

La marche automatique de Thomas prépare le bébé à un mouvement de marche mature, stimule le développement et la dynamique des jambes et des pieds, ainsi que des abdominaux et des muscles du dos. Ce réflexe influence le développement de toute la coordination motrice (unilatérale ou bilatérale). Il soutient les liens entre le mouvement des muscles axiaux (dont les abdos) et la périphérie du corps (les membres). Ce réflexe est important pour la capacité à garder l’équilibre lors des déplacements et pour passer le poids du corps d’une jambe à l’autre (lien avec le réflexe d’allongement croisé).

La marche automatique de Thomas est cruciale dans la formation de structures de mouvements alternés et prépare le nourrisson au 4 pattes (6 pattes d’après B.P. Nikitin), et plus tard à la marche debout. Il semblerait que les mouvements qui croisent la ligne médiane du corps activent les réseaux nerveux dans le corps calleux et équilibrent les fonctions des 2 hémisphères.

Ce réflexe est la base pour la construction de 3 types de réflexes de démarche (gaits) : avant, arrière et latérale. D’après S. Masgutova, le développement de la démarche latérale soutient le fonctionnement global de la cognition et donc la réussite scolaire (rythme d’apprentissage, raisonnement, créativité).

Le retard de développement de ce réflexe peut affecter négativement les réactions de protection, la mise en place du langage, la concentration, l’absorption de nouvelles informations.

L’épisode de podcast qui explique tout ce qu’il faut savoir sur le réflexe

Une vidéo de mouvements en lien avec le réflexe