Le réflexe d’agrippement palmaire de Robinson

Extraits issus des manuels de cours d’IMP

Ce réflexe entraîne la fermeture des mains du nourrisson qui agrippe et tient fermement les doigts d’un adulte (ou un objet) placés dans ses paumes. Parfois, l’agrippement est si fort qu’on peut soulever le bébé.

Autres dénominations

Réflexe palmaire, réflexe de préhension, grasping reflex (de l’anglais to grasp, saisir, serrer).

Découvreur

R. Robinson a décrit cette réaction pour la première fois en 1891.

Dynamique du réflexe

  • Émergence. : ce réflexe apparaît à la 11 semaine de vie intra-utérine (2,5 mois de grossesse).
  • Durée : de la première semaine après la naissance, pendant toute la première année de vie.
  • Intégration : ce réflexe est intégré dans les compétences manuelles et le système de coordination moteur global entre le 10 et 12 mois. Le schème d’agrippement perdure dans les mouvements et les compétences manuelles intentionnelles.

Le réflexe d’agrippement influence l’évolution de l’ensemble de la coordination motrice globale de la main, de l’agrippement, du maintien et de la manipulation d’objets de taille et de poids différents et, plus tard, de la coordination motrice fine des doigts pour l’écriture, le dessin, la musique, la broderie, etc.

Ce réflexe accompagne le développement de la distinction entre les côtés droit et gauche du corps et aide également à découvrir la ligne médiane du corps. De cette manière, il influence l’évolution de la latéralité. Il prépare les bases pour développer la coordination main-œil dans les différents champs visuels (droit, gauche, centre, contralatéral) ainsi que la coordination mains-bouche, la rotation mains-tête et la coordination main-jambe.

Le réflexe d’agrippement travaille toujours avec celui de traction des mains qui apparaît aussi très tôt en intra-utérin. Le réflexe de traction des mains est intégré à celui d’agrippement au 2 mois après la naissance et participe à la formation du mouvement de traction des mains lié à la tentative de s’asseoir ou de se lever en se hissant.

Le réflexe d’agrippement est intimement lié au réflexe paume-bouche de Babkin.

S’il n’est pas correctement intégré, le réflexe palmaire peut être source de tension au niveau de la main, et via les chaînes musculaires du bras, dans l’avant-bras, le bras, les épaules et donc affecter le mouvement crânien et le bon fonctionnement de la mâchoire (ATM). Ces tensions peuvent gêner la bonne expressivité émotionnelle.

André Thomas a noté que si l’on active le réflexe d’agrippement (en mettant quelque chose dans la main du nourrisson) lors de l’observation du Moro, celui-ci n’apparaît plus dans le bras (ou les deux bras) qui agrippe. Cette connexion pourrait expliquer pourquoi sous stress nous aimons manipuler ou tripoter.

L’épisode de podcast qui explique tout ce qu’il faut savoir sur ce réflexe palmaire

Vidéos complémentaires en lien avec le réflexe d’agrippement palmaire