Johanna et ses relations

𝐀𝐜𝐜𝐮𝐞𝐢𝐥/𝐩𝐫é𝐩𝐚𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧/𝐝é𝐟𝐢𝐧𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥’𝐨𝐛𝐣𝐞𝐜𝐭𝐢𝐟

Aujourd’hui, je reçois Johanna, une adolescente introvertie et facilement mal à l’aise lors des discussions, surtout avec ses pairs.

• Je lui propose avant toute chose de boire un verre d’eau ensemble, en prenant conscience de l’eau qui descend de notre bouche jusqu’à notre estomac (sensation de l’axe corporel).
• Ensuite, nous pratiquons pour nous mettre en mouvement l’activité de l’étoile de mer, qui consiste à se fermer et s’ouvrir allongée sur le dos, en connexion à son centre. Nous cherchons à réaliser les fermetures et ouvertures sur 8 temps, je la guide. Ses mouvements sont coordonnés, mais j’observe que sa respiration se coupe assez fréquemment.
• Après quoi nous faisons les contacts croisés pour lui permettre d’accentuer son centrage et réfléchir à son objectif pour cette séance.

Elle me dit qu’elle n’est pas à l’aise avec les personnes quand elle parle, surtout quand elle ne les connaît pas, qu’elle bafouille, bégaye, perd ses mots, rougit.
Je lui propose de cibler un point plus précis lors des discussions avec les autres.
Après reformulation et échanges, elle se fixe l’objectif suivant :

« 𝓙𝓮 𝓶’𝓮𝔁𝓹𝓻𝓲𝓶𝓮 𝓬𝓵𝓪𝓲𝓻𝓮𝓶𝓮𝓷𝓽 𝓺𝓾𝓪𝓷𝓭 𝓳𝓮 𝓶’𝓪𝓭𝓻𝓮𝓼𝓼𝓮 à 𝓺𝓾𝓮𝓵𝓺𝓾’𝓾𝓷 ».

𝐏𝐫é-𝐨𝐛𝐬𝐞𝐫𝐯𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬

a) Mise en situation concrète de l’objectif

Je lui demande de mimer l’action. Je fais la personne à qui elle doit venir demander des renseignements ou donner des informations.
Elle s’approche, mais reste à une distance de plus de 2 mètres, elle baisse fréquemment les yeux. Elle cherche ses mots, parle vite et ne parvient pas à me donner une information construite. Elle me dit ne pas se sentir à l’aise.

b) Observation des réflexes primordiaux

Voici quelques réflexes observés comme non intégrés :
• Le Rayonnement du nombril : le haut du corps est en déséquilibre quand je contacte les extrémités des branches en lien avec son centre.
• Le réflexe de Moro : ressent de l’appréhension
• Le réflexe de parachute : la capacité à repousser avec ses bras devant elle mains ouvertes est asymétrique.
• Le spinal de Pérez : ressent des contractions dans le cou lors de la stimulation tactile sur la colonne.
• Le réflexe de paralysie par la peur : il est très présent. Elle a le regard figé lors des stimulations sensorielles et rie nerveusement.

Nous choisissions de soutenir l’intégration du RPP, qui est une bonne piste pour libérer l’accès aux compétences qui en lien avec son objectif (communication, affirmation et expression de soi, sentiment de sécurité dans les relatons). Je la sens prête pour aborder cette thématique.
Je lui propose de réaliser l’observation de la marche (s’approcher d’une personne et la laisser l’approcher en se regardant dans les yeux). Même si j’ai déjà pu observer son attitude globale lors de la mise en situation de l’objectif, je souhaite lui faire en prendre conscience.
• Elle est en capacité d’avancer vers moi mais baisse les yeux rapidement, ses épaules sont voûtées et elle s’arrête assez vite.
• Quand je m’avance vers elle à son top départ, elle rit nerveusement et rougit. Elle me dit stop à 2,5m environ. Elle me fait part de ce qu’elle a elle-même constatée (distance éloignée qui n’est pas propice aux échanges verbaux, mal à l’aise, rire incontrôlable, impossibilité de soutenir le regard).
Elle est émue, mais motivée à l’idée de réaliser ce remodelage.
Je l’informe que l’on pourra stopper à tout moment si trop intense pour elle, que s’est très important que l’on ne dépasse pas ses limites.

𝐈𝐧𝐭é𝐠𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧/𝐫𝐞𝐦𝐨𝐝𝐞𝐥𝐚𝐠𝐞

• Pour commencer cette intégration je propose ue prise de conscience du corps dans sa globalité en utilisant un lissage de l’étoile à 6 branches. Nous insistons sur les connexions centre-tête et centre-bras. Les capacités de centrage corporel aident à émousser l’expression du RPP.

• Ensuite, je choisis d’utiliser le remodelage du RPP avec la procédure par tapotements de S.Masgutova. Je commence par un toucher « conscient » des points à stimuler : sternum, deltoïde, triceps, fascia-lata et voûte plantaire. Johanna coupe parfois sa respiration mais se détend quand je reste sur le point quelques secondes. Puis, Je lui propose des légers tapotements sur ces mêmes paires de points. Elle est partante et receptive. Elle me fait part de ses ressentis : « c’est bizarre, mais pas désagréable » Je réalise ainsi 3 passages, les yeux ouverts. Elle rit encore un peu quand je suis sur le strenum et les deltoïdes, elle parvient à accueillir plus tranquillement la stimulation sur les autres points. Je lui propose un passage yeux fermés. Elle accepte. Au premier passage, elle coupe encore sa respiration quand je suis sur le haut du corps. Elle semble sur « le qui vive » à nouveau. Je la rassure en lui indiquant que je repasse exactement sur les mêmes points que précédemment, je m’adapte à son ressenti, jusqu’à trouver un rythme et un niveau de « percussion » confortables, dans lesquels elle se sent en sécurité. La rythmicité des tapotements au rythme du tcha tcha tcha fait son œuvre. Je lui propose de faire des grandes inspirations lors du 3eme et dernier passage. Elle ne rit plus et sourit de manière détendue.

• Je lui propose enfin de se mettre sur le ventre et je réalise des tracés tactiles en 8 couchés sur son dos et ses bras (inspirés de la procédure d’intégration du corps de S.Magustova). Elle trouve ça agréable et respire tranquillement. Elle profite de ce moment 10 minutes environ.

𝐀𝐜𝐭𝐢𝐯𝐢𝐭é𝐬 à 𝐥𝐚 𝐦𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧

Elle se relève souriante et me dit qu’elle va bien.
Je lui montre les mouvements pré-nataux de Claire Hocking, à réaliser très lentement : « je me protège », « j’ai gagné », « je protège mon coeur » et « la grenouille ». Pour chaque mouvement je lui demande si elle apprécie.
Je lui demande d’en choisir un à refaire à la maison pour poursuivre l’intégration du RPP, sa mise en sécurité pour pouvoir communiquer plus facilement. Elle choisit « le stop » et « j’ai gagné ». Elle propose de les faire le matin en se levant.

𝐏𝐨𝐬𝐭-𝐨𝐛𝐬𝐞𝐫𝐯𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬

Je lui propose de ré-observer la marche en face à face.
Quand elle avance vers moi, ses épaules sont ouvertes, elle baisse encore parfois les yeux, mais s’approche beaucoup plus près de mois (distance d’un bras). Elle me sourit.
Quand J’avance vers elle, elle accepte que je marche plus vite, et que je m’arrête plus prêt. Elle me regarde dans les yeux tout le long.
Elle est contente de se sentir vraiment plus à l’aise. Une fois que je suis proche d’elle, elle me parle, plus lentement et de manière fluide, de son programme de la journée.
Elle le remarque et me remercie.

Je félicite grandement Johanna pour cette belle séance, son implication et ses progrès !