J’apprends à dire non (et à me dire oui !)

𝐀𝐂𝐂𝐔𝐄𝐈𝐋 𝐄𝐓 𝐎𝐁𝐉𝐄𝐂𝐓𝐈𝐅

☑️ L’accompagnante m’accueille avec un grand sourire et me met à l’aise de suite. Son cabinet est très agréable. L’échange se fait dans un petit coin salon qui donne l’impression de prendre le thé chez une amie.
☑️ Pour démarrer la séance, nous buvons de l’eau. Cela me permet de me connecter à mon centre et mes émotions.
☑️ J’ai une demande générale qui serait de prendre du temps pour moi et aussi d’être plus tolérante vis-à-vis de moi-même.
☑️Nous prenons le temps qu’il faut pour cibler un objectif plus précis autour de cette thématique. Par exemple, j’identifie une situation actuelle pour illustrer cette préoccupation : un examen que je dois passer bientôt. Je souhaite vraiment l’obtenir avec brio, mais le manque de temps est angoissant pour moi. Mon objectif se transforme donc en : « j’’accorde du temps à mes révisions ».
☑️ En allant encore plus loin dans la discussion, nous nous rendons compte que ce qui m’empêche de m’accorder ce temps est que je suis toujours sollicitée à la maison par les enfants, particulièrement ma petite fille de 4 ans. J’ai beau m’isoler pour travailler, elle vient toujours m’interpeller pour différentes raisons et je ne sais pas lui dire non. Systématiquement, je laisse tomber ce que je suis en train de faire pour m’occuper d’elle et répondre à ses sollicitations. Mon objectif s’affine alors en :

🌈«𝘑𝘦 𝘱𝘰𝘴𝘦 𝘤𝘭𝘢𝘪𝘳𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘮𝘢 𝘭𝘪𝘮𝘪𝘵𝘦 à 𝘮𝘢 𝘧𝘪𝘭𝘭𝘦 𝘲𝘶𝘢𝘯𝘥 𝘫𝘦 𝘷𝘦𝘶𝘹 𝘵𝘳𝘢𝘷𝘢𝘪𝘭𝘭𝘦𝘳 »

𝐏𝐑𝐄-𝐎𝐁𝐒𝐄𝐑𝐕𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍𝐒

a) Mise en situation de l’objectif:

Je m’installe à un petit bureau avec une pile de livres pour réviser. L’accompagnante me laisse une minute pour me plonger dans la situation et je commence à feuilleter un livre. Je l’entends m’interpeller avec une voix de petite fille et s’approcher de moi par-derrière. Elle est à genoux et joue le rôle de ma petite fille qui me sollicite pour une activité de coloriage. Je lui dis que je ne suis pas disponible et elle insiste en disant qu’elle ne trouve pas son feutre rouge puis se met à faire semblant de pleurer. Très vite le stress monte en moi et je craque. Je cesse de feuilleter le livre pour m’occuper d’elle alors que ce n’est pas le moment pour moi. Je réalise qu’il n’y a aucune résistance concrète de ma part, aucune crédibilité même si j’essaye de lui exprimer que je suis occupée.

b) Observation des réflexes primordiaux

✅ L’étoile à 6 branches : je sens que mes genoux se verrouillent pour éviter de partir en arrière. Je lutte activement pour rester vers l’avant. Je ne suis pas surprise, car je me sens complètement désorganisée émotionnellement avec l’approche de cet examen.
✅ RTAC : léger manque d’intégration. Je reste dans le contrôle de ma tête, je ne parviens pas à laisser l’accompagnante effectuer le mouvement de rotation.
✅ MORO : il est intégré, l’accompagnante est très sécurisante dans sa voix, ce qui aide.
✅ Réflexes des pieds : intégrés
✅ Réflexe d’agrippement palmaire : intégré
✅ Réflexe du parachute (observation allongée) : le schème de poussée n’est pas suffisamment intégré dans ma motricité globale. La poussée est bien dirigée vers le plafond au départ, mais plus mes mains montent et plus elles s’écartent l’une de l’autre sans que je puisse contrôler mes bras. Elles arrivent vers le plafond avec un énorme écart. Ce geste est vraiment pour moi le reflet de ce qui se passait lors de la mise en situation de mon l’objectif. Je dis « non » sans aucune crédibilité. Mon action n’est pas efficace, car elle est imprécise. C’est comme ci je dressais un filet entre moi et la personne/la situation, mais il ne sert à rien à cause de l’énorme trou au milieu (en référence à l’écart entre mes mains).
✅ Nous pratiquons une observation complémentaire en utilisant le jeu de la lutte. Je suis très ferme dans le fait de repousser, mais je sens que je fais bloc et que je me verrouille.

L’accompagnante me propose deux axes pour la séance :
• Équilibrer l’étoile à 6 branches pour améliorer mes capacités de centrage physique et émotionnel.
• Équilibrer le réflexe de parachute dans le but de m’aider à poser mes limites personnelles.
👍 Je choisis le réflexe de parachute pour m’aider à protéger efficacement mon territoire, mon espace personnel, en m’autorisant à dire NON aux autres quand c’est approprié par rapport à mes besoins.

𝐑𝐄𝐌𝐎𝐃𝐄𝐋𝐀𝐆𝐄

💥J’ai choisi d’utiliser un remodelage dans lequel je peux être active à 100 %. Nous partons sur l’activité « se rapprocher-repousser », debout, face à un mur.
💥Lors du premier mouvement, sans consigne précise, l’accompagnante m’invite à effectuer une auto-observation. Je me suis sentie à l’aise.
💥 Elle me propose de refaire le mouvement cette fois avec une contrainte de timing. Mes mains posées à plat sur le mur, je m’approche en fléchissant les coudes et je cherche à me repousser du mur sur 8 secondes. Je constate qu’il est assez facile pour moi de m’approcher du mur. En revanche, c’est plus difficile d’initier la poussée, et quand celle-ci est amorcée, je la ressens trop forte.
💥 L’accompagnante observe la même chose de son côté. Elle me fait aussi remarquer que lorsque je m’approche, mon corps sort de son alignement, ma tête quitte la ligne de gravité vers l’avant. Elle me propose de refaire une série de mouvements :
☑️En variant la vitesse des mouvements, tant sur la flexion que sur l’extension des bras (se rapprocher-repousser), plusieurs combinaisons sont effectuées.
☑️Sur certaines variantes, j’ai du mal à doser mon tonus, je pousse encore trop fort, et je me retrouve penchée en arrière cette fois, complètement sortie de ma ligne de gravité. Mon corps cherche une organisation efficace.
☑️L’accompagnante me suggère de me connecter à mon centre, elle m’aide à moduler mon tonus en positionnant une main sur mon sternum et l’autre au même niveau dans mon dos, elle me guide verbalement en comptant. Je prends conscience petit à petit du moment où je mets trop de force et je prends du contrôle sur le mouvement grâce à mon attention et à son guidage.
💥 Je finis par quelques mouvements en autonomie dans lesquels le schème se régule dans les deux directions, quel que soit le timing de flexion ou d’extension des bras, je suis aux commandes.
💥Puis, elle me demande de penser à quelque chose, quelqu’un, une situation que je n’apprécie pas et que je veux mettre à distance. Avec surprise, en lien avec une situation concrète, j’arrive à réguler sans effort les mouvements. J’ai le bon dosage et la bonne distance dans les différents cas de figure que j’ai en tête.

𝐏𝐑𝐎𝐆𝐑𝐀𝐌𝐌𝐄 𝐌𝐎𝐓𝐄𝐔𝐑

Je choisis de poursuivre chez moi l’activité « se rapprocher-repousser » debout, face au mur, en variant le nombre de secondes dans les deux directions. Cette activité représente ma capacité de poser clairement une limite. Je la réaliserai en imaginant une personne, une situation qui m’a agacée ou embêtée au cours de la journée. Je projette de pratiquer cela le soir et je demanderai à mon conjoint de prendre le relai avec les enfants.

𝐏𝐎𝐒𝐓-𝐎𝐁𝐒𝐄𝐑𝐕𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍𝐒

🟣 Nous repratiquons le jeu de la lutte. J’y prends plaisir et je m’y sens confortable et moins rigide. L’accompagnante constate que c’est plus agréable pour elle également, car les mouvements sont fluides et régulés en intensité. Je la laisse entrer et sortir de ma zone de consentement. Je me rends compte que je peux dire OUI, tout comme je peux dire NON et même CHANGER D’AVIS (je suis capable de moduler la distance entre nous deux avec souplesse et flexibilité). Je prends aussi conscience de l’impact positif sur mon centrage aussi bien physique qu’émotionnel.

🟣 Nous remimons la scène de départ et je suis ravie de constater que je ne suis plus impactée par le stress lors des sollicitations. Je repousse gentiment mais fermement les demandes de « ma fille ». L’accompagnante me confirme que je n’ai laissé aucune porte s’entrouvrir qui pourraient me détourner de mon affirmation. Je suis fière de moi, car le fait de mettre une limite claire me permettra de m’octroyer du temps. Je prends également conscience que lorsque je dis NON, il est adressé à la sollicitation, et que ce n’est pas un rejet de la personne. Cela ne fait pas de moi une mauvaise maman ou une personne égoïste. J’ai le droit de dire OUI, de dire NON et de CHANGER D’AVIS. C’est tout nouveau pour moi et cela change tout mon rapport à moi-même et aux autres.

𝐑𝐄𝐌𝐀𝐑𝐐𝐔𝐄

Avant de rédiger ce compte-rendu de séance (il est 19h30), je préviens mes enfants que je ne serai pas disponible pendant ma rédaction. J’explique à ma petite fille brièvement (sans me perdre dans des explications) que c’est son papa qui va s’occuper d’elle, que je ne serais pas disponible, mais qu’ensuite je prendrai le temps de lui lire une histoire accompagnée d’un gros câlin (rituel du soir). Lors de mon écrit, je l’entends pleurer et m’appeler, mais pour la première fois, non seulement je ne cède pas, mais je ne suis pas envahie non plus par la culpabilité. Elle est en sécurité avec son papa qui la console. J’ai su déléguer et maintenir fermement ma limite. Et bien sûr, les pleurs ont cessé rapidement car son papa sait mettre les limites avec fermeté et douceur/patience à la fois. Je suis fière de cette évolution ! 🎉