11 novembre 2015

Les mouvements rythmés et l’IMP

Le premier bercement rythmé

Les mouvements rythmés (ou rythmiques) (MR) bien qu’utilisés depuis longtemps (par exemple dans la relaxation Coréenne) ont été mis au point par Kerstin Linde, une thérapeute suédoise autodidacte puis perfectionnés et popularisés par le docteur Harald Blomberg (psychiatre suédois). Blomberg fait un parallèle entre ces mouvements et les mouvements spontanés que font les bébés. Il fait aussi un rapprochement avec les mouvements que font les enfants en difficulté, en particulier ceux présentant des troubles de l’attention et de l’hyperactivité. Ces mouvements donnent de très bons résultats dans l’amélioration de l’apprentissage. Il est aussi le premier à avoir fait le lien entre les mouvements rythmés et les réflexes archaïques.

Pourquoi les mouvements rythmés sont-ils aussi efficaces?MR3

Nous avons constaté que les mouvements rythmés ont une action surprenante sur :

  • l’amélioration de l’apprentissage
  • la concentration
  • le sens de l’équilibre
  • la détente générale
  • le tonus des muscles extenseurs (verticalité)
  • la gestion émotionnelle

Nous émettons l’hypothèse que c’est via la stimulation des schèmes réflexes que ces bénéfices peuvent se produire. En effet, le développement de l’oreille interne et le développement des schèmes réflexes se font en parallèle lors de la phase embryonnaire. Les mouvements du corps de la mère vont activer les schèmes réflexes du bébé tout comme le font les mouvements rythmés.

Par exemple, vers 12 semaines de gestation apparaît le réflexe de Moro, un réflexe de défense qui coordonne les mouvements de la tête et ceux des membres. Ce réflexe nous servira plus tard pour nous rattraper en cas de déséquilibre. Le réflexe de Moro, s’il n’est pas intégré de manière optimale, va maintenir un état de stress chez la personne qui vivra une trop grande sensibilité au stress ou au bruit. Lorsque le Moro se développe in utero, le système vestibulaire est déjà actif ce qui rend l’embryon sensible aux mouvements de sa mère. Nous constatons fréquemment que le manque de stimulations à ce stade de développement (mère alitée par exemple) risque d’inhiber plus tard  l’intégration de ce schèmeSchème (patron, modèle de mouvement) Un schème est une action organisée, structurée et généralisable d’une situation à une autre. Le terme s’applique aussi bien aux actions sensori-motrices (les schèmes sensori-moteurs) qu’aux actions intériorisées, les opérations. Jean Piaget, l’auteur ayant le plus développé et utilisé la notion de schème, appelait schèmes les ensembles organisés de mouvements ou d’opérations. Le jeune enfant dispose, par exemple, de schèmes moteurs (prendre, tirer, pousser, sucer, etc.), tandis que l’enfant ayant atteint le stade des opérations concrètes dispose, en plus, de schèmes opératoires (comme classer, sérier, dénombrer, mesurer…), qu’il acquiert et développe peu à peu. Notons... (à l’âge de 4 mois) et donc rendre le bébé particulièrement vulnérable au stress. Certains spécialistes (Blomberg, Masgutova, Blythe) vont même jusqu’à avancer que le système nerveux sera en état d’hyper-excitation ce qui peut expliquer certains états allergiques. Lorsque nous constatons en IMP qu’un bébé, un enfant ou même un adulte présente un réflexe de Moro non-intégré, nous proposons la pratique de MR. Et, de fait, à la stimulation de systèmes qui auraient dû être activés dès 12 semaines de gestation, nous constatons que le réflexe s’intègre et surtout que les comportements associés s’améliorent.

Nous pouvons diviser mouvements rythmés en deux catégories

  • Ceux qui réactivent les stimulations perçues par le fœtus durant la période gestationnelle et par conséquent qui peuvent contribuer à réintégrer des réflexes archaïques. Ces mouvements, que nous appelons bercements, sont reçus de manière passive par la personne.
  • Ceux qui activent des mouvements primordiaux et réflexes de vie. Cette seconde catégorie de mouvements comprend d’une part des mouvements rythmés actifs (exécutés par la personne elle-même) ainsi que ceux que nous appelons en IMP les séquences rythmées.

 

Informations pour la mise en pratique

En IMP, les accompagnants utilisent les MR afin de compléter les remodelages isométriques pratiqués en individuel. Ils peuvent être utilisés avec succès pour réintégrer les réflexes chez les personnes auprès de qui il est impossible de pratiquer le travail isométrique (personnes en situation de handicap, bébés…). Ils sont simples à enseigner aux apprenants et aux parents et facilement praticables à la maison quotidiennement. Ils sont en général bien appréciés car favorisent la détente. Il est primordial que ces bercements soient agréables pour la personne qui choisira elle-même le MR qui lui procure le plus de bien-être.

En effet, lorsqu’un parent à recours intuitivement au bercement pour apaiser ou endormir son bébé, il est attentif aux signaux que ce dernier lui envoie pour communiquer son contentement ou son agacement. Face à un bébé que l’on berce, on ne tente pas de négocier quoi que ce soit! Nous nous ajustons à sa demande et une fois le type de bercement qui lui fait du bien identifié, nous continuons dans ce sens jusqu’à ce qu’il en ait assez ! C’est le même principe avec les mouvements rythmés que nous proposons aux enfants plus grands ou aux adultes que nous recevons.

Les 4 clefs du mouvement rythmé sont déterminées par la personne qui les reçoit :

  • Choix du mouvement
  • Amplitude
  • Rythme
  • Durée.

Bien que d’apparence simple, les mouvements rythmés requièrent précision et savoir faire. Ils doivent être exécutés de manière rythmique et donner une sensation de facilité. Il est important que les mouvements soient fluides et ne génèrent pas de mouvements parasites au niveau des épaules, des mains, du visage… Dans l’idéal, la réaction aux bercements doit être symétrique. Toute asymétrie peut indiquer la présence de réflexes non intégrés. La plupart du temps, l’apprenant n’a pas conscience de faire (ou recevoir) le mouvement de manière asymétrique, il est donc nécessaire de bien observer la personne lors des bercements.

Par exemple, lorsqu’une personne n’a pas suffisamment intégré le réflexe tonique asymétrique du cou (RTAC) il est possible d’observer sa tête partir en rotation progressivement au cours des bercements. Dans ce cas précis, il est utile de lui demander autant de fois que nécessaire de garder “le nez au plafond” pour conserver la symétrie.

A titre indicatif, les mouvements rythmés devraient dans l’idéal être pratiqués quotidiennement pendant 3 à 10 minutes. Pour y parvenir, il est prudent de les introduire progressivement en commençant par 3 minutes par jour et en augmentant petit à petit la durée. Cette progressivité est conseillée afin de limiter d’éventuelles réactions physiques et émotionnelles désagréables. Dans tous les cas, il est important de rester attentif à la réaction de l’apprenant durant la pratique et de stopper les mouvements au moindre signe d’inconfort.

 

Des mouvements rythmés en vidéo

Voici quelques vidéos que nous avons réalisées sur les bercements rythmiques.

 

 

Une vidéo sur les 6 premiers mouvements rythmés : les bercements passifs :


Mouvement rythmé N°16 (MR 16). Ce mouvement est idéal pour intégrer les réflexes suivant : réflexe tonique symétrique du cou (RTSC) et réflexe spinal de Pérez.

 

Mouvement rythmé N°7 (MR 07). Cet auto-bercement est idéal pour intégrer les réflexes suivant : Moro, RTL, RTSC, spinal de Galant, agrippement plantaire…