14 novembre 2015

Qu’est ce qu’un mouvement primordial ?

Le mouvement est notre premier sens à se développer dans le ventre de notre mère, il s’organise progressivement en schèmes moteurs.

Un schèmeSchème (patron, modèle de mouvement) Un schème est une action organisée, structurée et généralisable d’une situation à une autre. Le terme s’applique aussi bien aux actions sensori-motrices (les schèmes sensori-moteurs) qu’aux actions intériorisées, les opérations. Jean Piaget, l’auteur ayant le plus développé et utilisé la notion de schème, appelait schèmes les ensembles organisés de mouvements ou d’opérations. Le jeune enfant dispose, par exemple, de schèmes moteurs (prendre, tirer, pousser, sucer, etc.), tandis que l’enfant ayant atteint le stade des opérations concrètes dispose, en plus, de schèmes opératoires (comme classer, sérier, dénombrer, mesurer…), qu’il acquiert et développe peu à peu. Notons... moteur est un « patron », une structure d’organisation du mouvement.

Il existe différents types de schèmes moteurs (réflexes, réactions de redressement [RR], réponses d’équilibration [RE], mouvements basiques…) que l’on regroupe sous le nom de mouvements primordiaux (ou mouvements et réflexes primordiaux – MRP).

Parmis ces schèmes moteur, les réflexes primitifs (ou archaïques) ont une place prépondérante.

Les réflexes primitifs sont des réflexes qui apparaissent avant ou pendant la naissance, comme le réflexe de Moro, le réflexe tonique labyrinthique (RTL) ou le réflexe de reptation.

Ces réflexes, comme le dit si bien Bonnie Brainbridge Cohen, forment l’alphabet du mouvement, la base, sur lesquels s’appuient tous nos autres mouvements. Les mouvements primordiaux sont comme un répertoire de mouvements.

Les mouvements complexes volontaires comme écrire, jouer de la musique ou faire du sport s’appuient sur les structures de base des réflexes archaïques.

Si les réflexes primitifs n’ont pas été intégrés correctement durant notre développement alors cela aura des implications dans les mouvements de notre vie quotidienne d’enfant ou d’adulte.

Un bon développement de ces mouvements et réflexes primordiaux est essentiel au bon développement de nos trois sphères physiques, émotionnelles et cognitives.

Les mouvements primordiaux suivent la progression naturelle suivante :

  1. ils émergent à un moment donné pour initier le processus d’évolution auquel ils sont rattachés ;
  2. ils se développent pour accomplir leurs buts et fonctionnements prévus ;
  3. enfin ils s’intègrent dans l’ensemble du fonctionnement moteur du corps, en général lors de la première année, mais seulement s’ils ont pu émerger et se développer correctement.

En bref, un mouvement primordial est un schème sensori-moteur essentiel dans notre développement qui, s’il ne s’est pas installé correctement, va créer du stress dans notre organisation corps-esprit.

L’IMP (Intégration Motrice Primordiale) a pour but d’identifier les mouvements primordiaux non-intégrés et de les remodeler afin qu’ils ne soient plus une barrière vers nos objectifs, mais un pont.

Le réflexe de Babinski chez une personne tout à fait normale (aucune pathologie, la personne est juste une participante au cours d’IMP). La stimulation du côté du pied ne devrait pas déclencher de réaction si le réflexe de Babinski était bien intégré.

 

Les différents types de réflexes et mouvements primordiaux

Voici les différents types de mouvements et réflexes primordiaux par ordre d’apparition :

  1. Les rythmies ou mouvements rythmiques.
  2. Les mouvements et réflexes intra-utérins.
  3. Les réflexes de la naissance.
  4. Les réflexes post-nataux.
  5. Les réflexes du nouveau-né.
  6. Les réflexes du nourrisson.
  7. Les réflexes de la petite enfance.
  8. Il existe un sous-groupe de réflexes, les réflexes de vie, qui sont les réflexes et réactions que nous gardons de manière active tout au long de notre vie (comme le réflexe d’extension des bras lorsque l’on tombe en avant, dit réflexe de parachute).
  9. Un autre sous-groupe de réflexes, les réflexes du visage, regroupe toutes les réactions prenant place au niveau facial.

Les réflexes de vie

Il existe un sous-groupe de réflexes, les réflexes de vie, qui sont les réflexes et réactions que nous gardons de manière active tout au long de notre vie. Contrairement aux autres réflexes qui doivent disparaître à l’observation, les réflexes de vie doivent être visibles et « branchés ». S’ils ne sont pas visibles à l’observation, il convient alors de les remodeler pour les rendre à nouveau présent.

Voici les principaux réflexes de vie :

  • Le réflexe abdominal
  • Le réflexe amphibien
  • Le réflexe d’équilibration
  • Le réflexe de centrage
  • La convergence-divergence oculaire
  • Le réflexe de protection des tendons (RPT)
  • Le réflexe de gravité
  • Le réflexe d’enracinement
  • Le réflexe postural de redressement de la tête
  • Le réflexe de retournement segmentaire
  • Le réflexe de stabilité
  • Le réflexe d’étirement
  • Réflexes auxquels on peut ajouter les mouvements primordiaux de locomotion et de marche mature.

Les réflexes du visage

Le bébé présente dès sa naissance tout un groupe de réflexes au niveau du visage, les réflexes faciaux, qui ont été classés par Svetlana Masgutova en plusieurs catégories :

  1. réflexes liés à l’alimentation : sucions, déglutition, morsure, bouche – colonne, porter à la bouche, alimentation, vomissement, réaction de respiration-déglutition, serrement de dent, palmomentonier de Babkin ;
  2. réflexes d’enracinement : enracinement des réactions vis-à-vis des aliments, visuelle, olfactive, auditive, gustative, kinesthésique, orientée vers la fonction orale, bouche–colonne, cognition orale ;
  3. réflexes posturaux : redressement de la tête (réflexes oculaire et labyrinthique), réflexe de mise à niveau des yeux (dépendant de la position de Strauss), réflexes de protection des tendons au niveau supérieur, position de Strauss ;
  4. réactions des yeux : défensive et cognitive, de fermeture (clignement), ouverture très grande des yeux en réaction à la surprise, convergence des yeux, vision focalisée sur l’arrière plan, réaction de vue à courte distance, position main – tête, poursuite horizontale avec les yeux…
  5. réflexes liés à la respiration : respiration naturelle, (cycle inspiration-expiration), rétention d’air à l’inspiration ou à l’expiration, reniflement, toux…
  6. réactions d’expression des émotions que ce soit de satisfaction ou d’insatisfaction ;
  7. réflexes et réactions impliqués dans des systèmes de coordination : «bouche- main », « main-bouche », « bouche-oreilles », « bouche-mouvements du cou », « bouche-yeux », « bouche-mouvements et rythme des os du crâne », « yeux-oreilles », « oreilles-yeux », « langue-oreilles », « yeux-langue », et beaucoup d’autres ;
  8. réactions cognitives : yeux fixes, grande ouverture des yeux en réaction à la surprise, enracinement, orientation orale, cognition orale, réflexe cognitif d’orientation de Pavlov ;
  9. réaction d’articulation pour le langage : impliquant l’articulation de syllabes, l’imitation primaire des sons, etc.